LTDD
Cie Le Temps de Dire

5, rue Irène Joliot Curie
84000 Avignon
06 80 07 31 16

"SALUBRITÉ PUBLIQUE" cabaret anti-fâcheux du 7 au 24 Juillet 2016 à 20H30 (relâche le 11 et le 18) THÉÂTRE BOURSE DU TRAVAIL CGT - rue Campane AVIGNON

Dossier de Presse
Presse

Salubrité Publique
de Paul Fructus

“ Parce que la bête immonde a fait des petits un peu partout ...et à l’ombre du Mont Ventoux ”

Textes et chansons pour un homme qui revient sur sa terre d’enfance. Terre gorgée de soleil à l’ombre du Mont Ventoux. Mais terre brûlée par la flamme de l’extrême droite.
L’histoire d’un retour au pays perdu. Comment vivre avec ça ? En braillant que le fascisme ne passera pas ?

Mieux vaut garder au fond des poches et de la mémoire les chansons et les poèmes de ceux qui nous aident à vivre.
Et ne pas rester seul, aller vers les autres pour dire, chanter, FAIRE PASSER. Faire passer sous le manteau de la nuit qui tombe :

• les mots d’amour et de résistance de Victor Hugo, Michaël Glück,
Charles Vildrac et tous « ces drôles de types qui vivent de leur plume ».
• les chansons de Leny Escudero, Léo Ferré, Allain Leprest, Claude
Nougaro, Jean-Roger Caussimon...

Faire passer cette beauté qui nous tient debout devant la montée de l’effet haine.

C'est ainsi : En ce début de 21ème siècle la bête immonde a fait des petits. Elle rôde, elle rampe. Elle éructe ou elle sourit. Tous les coups médiatiques lui sont permis. Elle entre dans les familles, dans les mairies, dans
les circonscriptions par la grande porte de la frustration, par la fenêtre de la misère matérielle et intellectuelle.

Loi du plus fort, haine ouverte de l'autre, haine cachée de soi, amour d'une patrie étouffant dans sa mauvaise graisse. Fermer les yeux, se boucher les oreilles ne sert à rien. Hurler sur tous les tons et sur l'air des lampions que le fascisme ne passera pas n'est qu'une conjuration chaleureuse mais essoufflée.

Ne pas baisser les bras pour autant.
Ne pas rester seul.
Aller avec les autres, vers les autres.

C'est la dignité de l'artiste que de faire partie de cette communauté humaine qui ne renonce pas, qui résiste au
flux du racisme et de la xénophobie. C'est sa raison d'être que d'apporter son savoir faire dans cette lutte
démocratique. Une lutte toujours à recommencer.

Ce n'est pas gagné. Mais ce n'est pas perdu.

Encore faut-il concrétiser cette contribution artistique à l'humanisme.

Une fois de plus reprendre le chemin des mots.
« Les mots me manquent » c'est une des expressions les plus employées par ceux et celle qui veulent exprimer leur désarroi devant la montée des périls.
Ces « mots qui manquent » ne sont pas loin.
Il suffit d'aller les chercher chez les écrivains, de tous les temps, de tous les ciels.
Chez ces « drôles de types » que chantait Léo Ferré.
Ces drôles de types qui n'ont cessé d'écrire, de chanter

que le malheur des uns ne fait pas le bonheur des autres.

Les mots qui manquent sont dans les livres. Il suffit de les poser sur les lèvres.
Il est une fois de plus temps de faire résonner aux oreilles de nos parents, de nos amis, de nos voisins et surtout de la jeunesse, la musique d'un monde à hauteur d'hommes.

Mais aussi le chant de Jean-Claude Izzo, Wislawa Szymborska, Michaël Gluck... et tant d'autres précieux.

Le contre-chant de l'humanisme.

Pour que la réponse au déchaînement de la bête ne soit pas en miroir
dans l'invective et dans la bave
mais dans la beauté de la poésie et de la pensée,
dans le poétique et le politique .
Il faut tenter, encore et si on rate, recommencer.
« Rater mais mieux » disait Samuel Beckett

Partout
Pour tous
Colporter la beauté.
Il en restera toujours quelque chose

Paul Fructus

" L'important, c'est la beauté "

Claude Nougaro

" ...Apprenez à marcher et à rire,
parce que ce serait trop bête,
à la fin,
que tant soient morts,
et que vous viviez,
sans rien faire de votre vie... "

Charlotte Delbo

Pour un fauteuil vide

Tu n'es pas là ?
dommage
t'as bouffé du noir
t'as bouffé du jaune
du gris du rouge
du mal blanchi
t'as bouffé tout un arc en ciel
et de rage,
tu t'es rongé les ongles
puis tu es allé trop loin
tu t'es rongé le bras
puis les sangs
et puis et puis
voilà
t'as l'air malin
t'as l'air de rien
tu as gagné
tu t'es perdu
tu t'es bouffé
tout cru
tout entier
et puis voilà
tu n'es plus là.
Dommage
J'avais quelques cadeaux pour toi
quelques présents pour passer du temps avec toi.
Tu es passé à côté
tout près de la beauté du monde

Paul Fructus